Les montres, pendules et pendulettes fabriquées
en Suisse portent la dénomination "Swiss made" (ou sa version
abrégée "Swiss") en plus de la marque identifiant
le producteur ou le distributeur. Ce label (en termes juridiques "indication
de provenance") jouit d'une grande réputation dans le monde entier.
La globalisation de l'économie n'a rien ôté à
son importance. Bien au contraire, le consommateur souhaite, plus que
jamais, disposer du maximum d'informations lorsqu'il se propose d'acquérir
un nouveau garde-temps.
Pourquoi cette réputation ?
Quelle est la signification d'un tel label pour l'acheteur ?
Le
"Swiss made" incorpore une notion de qualité qui s'est forgée
au cours de longues décennies. Qualité technique certes
(exactitude, fiabilité, étanchéité, résistance
aux chocs), mais aussi qualité esthétique (élégance
et originalité du design). Bienfacture traditionnelle, mais aussi
adaptation aux nouvelles technologies (micro-électronique).
Les horlogers suisses ne sont pas les seuls à
fabriquer des garde-temps de qualité. Ils doivent faire face à
une forte concurrence. Mais ils ont réussi à conserver le
leadership grâce à l'infrastructure unique au monde dont
ils disposent, grâce aussi à leur savoir-faire et à
leur esprit d'innovation.
La valeur intrinsèque du "Swiss made" correspond ainsi à
des efforts considérables, réalisés par les entreprises
de la branche, sur lesquelles repose une lourde responsabilité.
Des marques prestigieuses se sont développées mais elles
n'ont pas relégué dans l'ombre le label "Swiss made". Marques
et "Swiss made" s'appuient réciproquement. Leur alliance donne
une garantie optimale au consommateur.
Il n'est pas étonnant que ce capital suscite l'appétit des
contrefacteurs. Le "Swiss made" doit donc être défendu
constamment, sur tous les marchés. Cette protection est l'une des
tâches essentielles de la FH. Dans un tel combat, il faut utiliser
les lois de chacun des pays concernés, complétées
par des accords internationaux (traités bilatéraux conclus
par la Suisse avec plusieurs pays européens, conventions multilatérales
élaborées par l'Organisation mondiale de la propriété
intellectuelle et par l'Organisation mondiale du commerce - accord TRIPS
-).
Le législateur suisse doit donner l'exemple. Il l'a fait
en renforçant sensiblement les instruments juridiques à
disposition. La nouvelle "Loi sur la protection des marques et des indications
de provenance", du 28 août 1992, a fortement augmenté les
sanctions civiles et pénales. Les douanes helvétiques, pour
leur part, exercent un contrôle vigilant à l'importation,
à l'exportation et dans le trafic de transit.
Au surplus, une "ordonnance réglant l'utilisation du nom "Suisse"
pour les montres", précise quelles sont les conditions minimales
devant être remplies pour qu'une montre mérite l'appellation
"Swiss made".
Cette
ordonnance repose sur la conception selon laquelle la qualité
d'une montre suisse dépend du travail effectué en Suisse,
même si, parfois, certains composants étrangers sont mis
en oeuvre. Il est donc exigé que le travail d'assemblage du mouvement
(moteur de la montre) et de la montre elle-même (assemblage du mouvement
avec le cadran, les aiguilles et les différents composants de la
boîte) soit réalisé en Suisse, de même que l'ensemble
des opérations de contrôle final sur le mouvement et sur
la montre. Il est en outre requis une proportion suisse d'au moins cinquante
pour cent des composants du mouvement.
D'autres indications de provenance identifient les montres fabriquées
dans certaines régions de Suisse. L'une des plus renommées
est l'indication "Genève", caractérisant les montres
de haut niveau produites dans cette ville et dans le canton de Genève.
Comme le "Swiss made", cette dénomination est très prisée
des contrefacteurs. Elle aussi bénéficie d'une protection
continue dans le cadre du programme anticontrefaçon de la FH.
L'industrie horlogère suisse déploie donc des efforts intenses
pour maintenir l'intégrité du "Swiss made" et des
autres dénominations attachées à une région
de la Suisse.
Le consommateur, par sa vigilance, peut efficacement participer à
cette action de salubrité. En sélectionnant les points de
vente auxquels il s'adresse, en ne se laissant pas tenter par des offres
aussi douteuses que mirifiques, il fait échec aux contrefacteurs,
sauvegarde ses propres intérêts et contribue à la
défense d'un commerce loyal. La FH et ses représentants
régionaux répondent volontiers à toutes demandes
d'information complémentaire.
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