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Troisième industrie suisse d'exportation après
l'industrie des machines et des produits chimiques, l'horlogerie n'a
qu'un marché : Le Monde.
On trouve en effet des montres, des pendules et des pendulettes
suisses dans tous les pays de la planète ! Et, ce qui est non
moins remarquable, pour toutes les bourses ou presque : du garde-temps
mode à quartz à quelques dizaines de francs au chef-d'oeuvre
mécanique habillé d'or et de pierres précieuses
à plusieurs millions de francs. Ce sont à la fois cette
diversité et cette vocation mondiale qui ont assuré le
succès et la pérennité de la branche au cours des
siècles.
Structures
L'industrie horlogère suisse s'est historiquement
déployée autour d'une structure horizontale spécialisée,
dans laquelle fournisseurs et sous-traitants livrent les pièces
d'assemblage ou d'habillage à des établisseurs qui, en
définitive, réalisent et commercialisent le produit final.
Dans une moindre mesure, l'industrie horlogère
suisse s'est également développée selon le modèle
d'une structure verticale plus ou moins intégrée, au sein
de laquelle le garde-temps est entièrement réalisée
par la même entreprise, la manufacture.
Durant les années 1970 et 1980, les bouleversements
technologiques (apparition de la montre à quartz) et les aléas
de la conjoncture ont provoqué un redimensionnement de la branche
: de quelque 90'000 employés en 1970, les effectifs sont en effet
passés à un peu plus de 30'000 en 1984, un chiffre qui
est resté plus ou moins stable depuis (40'000 employés
en 2004); quant au nombre d'entreprises, il est passé de quelque
1'600 en 1970 à un peu moins de 600 actuellement.
L'effectif moyen des entreprises horlogères est
pour sa part demeuré constant : il se situe, en 2004 comme en
1970, à un peu moins de 70 personnes par firme en moyenne. La
grande majorité des compagnies horlogères sont des petites
et moyennes entreprises (PME) employant moins de 100 personnes, alors
qu'un tout petit nombre d'entreprises (moins de 10) occupent plus de
500 personnes.
Produits
L'un des grandes forces de l'horlogerie helvétique,
en comparaison avec ses concurrents étrangers, est de pouvoir
offrir au consommateur un éventail réellement complet
de produits.
Préférez-vous une montre mécanique
(à remontage manuel ou automatique), une montre à quartz
à affichage analogique ou digital ?
La désirez-vous en métaux précieux
sertie de brillants, en acier inoxydable, en bois, en plastique, ou
encore par exemple en céramique high tech ?
Etes-vous plutôt attiré par une esthétique
sobre et classique, par un look sport ou par un design mode et branché
?
Quels que soient vos voeux, il se trouvera toujours dans
la production horlogère suisse un garde-temps qui vous comblera.
Et si vous préférez un réveil, une pendule ou une
pendulette à une montre-bracelet, vous n'aurez que l'embarras
du choix parmi les nombreux modèles proposés par les fabricants
suisses spécialisés dans ce type d'articles.
Marchés et concurrence
Si l'horlogerie suisse est présente sur les cinq
continents (elle exporte près de de 95 % de sa production), ceux-ci
ne pèsent pas un poids égal.
L'Asie et l'Océanie absorbent ainsi quelque 47
% en valeur des exportations horlogères suisses, l'Europe 33
%, les Amériques 19 % et l'Afrique 1 %, alors que les quinze premiers marchés
absorbent à eux seuls plus de 80 % des exportations.
Malgré leur réputation d'excellence, les
garde-temps suisses n'ont évidemment pas le monopole du marché
mondial, et la concurrence d'autres pays producteurs, Japon et Hong
Kong en tête, demeure très vivace.
En résumé
Au milieu des années 70, on relevait que l'horlogerie
suisse était moribonde ayant manqué le virage de l'électronique
et subissant de plein fouet la crise conjoncturelle. Or, on constate,
30 ans plus tard, que l'industrie horlogère suisse a réussi
sa reconversion structurelle et qu'elle est aujourd'hui comme hier l'un
des fleurons de l'économie helvétique. Mieux, au cours
de ces cinq ou six dernières années, elle a pris la tête
des industries les plus performantes du pays, dépassant année
après année ses propres records d'exportations pour passer
de 4,3 milliards de francs en 1986 à 17 milliards en
2008.
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